Une migration fait perdre des positions pour trois raisons, et trois seulement : des adresses ont changé sans redirection permanente, du contenu a disparu au passage, ou le nouveau site est resté bloqué à l’indexation. Tout le reste — le design, la technologie, l’hébergeur — n’a aucun effet direct sur le classement. Ces trois causes sont évitables intégralement, à condition de préparer l’inventaire avant de toucher au site.
Voici la marche à suivre que nous appliquons, du relevé initial au suivi de la quatrième semaine. Elle vaut pour une refonte sur le même domaine comme pour un changement d’adresse.
Avant de toucher à quoi que ce soit : trois relevés
1. La liste complète des adresses actuelles. Toutes, y compris les pages que vous aviez oubliées. Trois sources à croiser : votre plan de site XML, l’export des pages de la Search Console, et un balayage complet du site. C’est le croisement qui compte — le plan de site ne contient presque jamais tout, et la Search Console ne liste que ce que Google a vu.
2. Le relevé de vos positions et de vos pages qui travaillent. Exportez douze mois de données de la Search Console : requêtes, pages, clics, impressions, position moyenne. Ce fichier est votre point de comparaison après la bascule, et il n’existera plus si vous ne le faites pas avant. Sans lui, vous ne pourrez jamais démontrer qu’il y a eu perte, ni où.
3. La liste de vos pages qui reçoivent des liens externes. Ce sont les plus précieuses : un lien entrant pointe vers une adresse précise, et si cette adresse renvoie une erreur après la migration, la valeur du lien est perdue. Une page sans trafic mais avec trois bons liens entrants mérite une redirection soignée, même si elle ne vous paraît plus utile.
L’inventaire se fait avant. Après la bascule, il est trop tard : les anciennes adresses n’existent plus.
Le plan de redirection, une ligne par adresse
Un tableau à deux colonnes : ancienne adresse, nouvelle adresse. Chaque ancienne adresse doit pointer vers la page la plus proche possible en contenu, avec une redirection permanente — un code 301, pas 302. La différence n’est pas cosmétique : une redirection temporaire indique à Google de conserver l’ancienne adresse, et vous restez indéfiniment entre deux chaises.
L’erreur la plus fréquente consiste à tout rediriger vers la page d’accueil. C’est rapide, et c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire : Google traite une redirection massive vers l’accueil comme une page d’erreur déguisée, et la valeur des anciennes pages disparaît. Si une ancienne page n’a pas d’équivalent, redirigez-la vers la page de catégorie ou de service la plus proche.
Trois détails qui coûtent cher quand on les oublie : les redirections doivent être en une seule étape, sans chaîne intermédiaire ; elles doivent être conservées au minimum un an, idéalement indéfiniment ; et elles doivent inclure les variantes avec et sans barre oblique finale, ainsi que les versions avec et sans le préfixe www.
Le jour de la bascule
Six vérifications, dans l’ordre, la journée même. Les redirections répondent bien en 301 — testez-en vingt au hasard, pas une seule. Le blocage d’indexation est levé. Le fichier robots n’interdit rien d’essentiel. Le nouveau plan de site XML est généré et soumis à la Search Console. Le certificat de sécurité est valide sur toutes les adresses. Et les balises canoniques de chaque page pointent bien vers elle-même, pas vers l’ancienne adresse ni vers l’accueil.
Cette dernière vérification est celle qu’on saute le plus souvent, et elle suffit à garder une page hors de l’index. Une canonique mal pointée n’affiche aucune erreur visible : la page fonctionne, elle est belle, et Google refuse simplement de la classer parce qu’elle se déclare comme un doublon d’une autre.
Choisissez le moment : un mardi matin, jamais un vendredi après-midi ni la veille d’une période de pointe. Et gardez une sauvegarde complète de l’ancien site, fichiers et base de données, pendant au moins trois mois.
Les quatre semaines suivantes
Semaine 1 : surveillez le rapport des pages en erreur dans la Search Console et corrigez chaque adresse introuvable dans les 48 heures. Semaine 2 : comparez le nombre de pages indexées à celui d’avant. Semaine 3 : ressortez votre export de positions et comparez requête par requête. Semaine 4 : vérifiez que les liens internes ne pointent plus vers les anciennes adresses — une redirection n’est pas une excuse pour laisser des liens périmés dans le contenu.
Ce qui est normal : une baisse de 10 à 20 % du trafic organique pendant deux à six semaines, puis un retour au niveau antérieur, souvent au-dessus si le nouveau site est plus rapide et mieux structuré. Ce qui n’est pas normal : une chute de plus de 40 %, ou une baisse qui persiste au-delà de huit semaines. Dans les deux cas, la cause est presque toujours l’une des trois du début — cherchez d’abord les redirections manquantes, puis l’indexation bloquée.
Changer de domaine, c’est une autre affaire
Une refonte sur le même domaine se récupère en quelques semaines. Un changement de nom de domaine demande plus de patience : Google doit réattribuer l’historique d’un domaine à un autre, et cela prend de deux à six mois. La procédure ajoute deux étapes : déclarer le changement d’adresse dans la Search Console, et conserver l’ancien domaine actif avec ses redirections pendant au moins un an. Ne laissez jamais expirer l’ancien domaine : vous perdriez d’un coup tout ce que les redirections préservaient.
Si la question de la refonte n’est pas encore tranchée, les critères sont dans quand refaire son site web. Et si vous voulez savoir dans quel état est le site actuel avant de le déplacer, un bon état des lieux couvre exactement ces points : voir ce qu’un audit SEO gratuit doit contenir.
Après la bascule, le vrai enjeu devient l’entretien : sauvegardes, mises à jour, surveillance des erreurs. C’est ce que couvre notre forfait de maintenance, à partir de 120 $ par mois, hébergement canadien compris. Et si vous préférez qu’on relise votre plan de redirection avant la mise en ligne plutôt qu’après, réservez l’appel — c’est le moment où une heure vaut trois mois.
